Droit de vote des femmes et égalité hommes/femmes : Beaucoup d’avancées mais du chemin reste à faire

droit_vote_femmes2‘La femme a le droit de monter à l’échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune’. Depuis cette phrase historique tirée de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenneté rédigée par Olympe de Gouges, grande figure féministe du 18ème siècle, force est de constater que du chemin a été parcouru dans l’émancipation de la femme mais qu’il ne s’est pas fait sans combat et conviction pour faire bouger des digues pourtant bien solides. Celle qui est mise à l’honneur en ce mois de Mai à l’Assemblée Nationale apprécierait de fêter les 70 ans, ‘seulement’ diront certains, du droit de vote des femmes.

Il y a soixante-dix ans, le 29 avril 1945, à l’occasion des élections municipales, les Françaises exerçaient pour la première fois leur droit de vote et d’éligibilité, accordé un an auparavant par ordonnance. En octobre de la même année, elles participaient à leur premier scrutin national, pour l’élection de l’Assemblée constituante. Si le droit de vote des femmes est aujourd’hui une évidence, l’égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités politiques reste un combat du présent. Depuis 1999, et grâce à la détermination du Gouvernement de Lionel Jospin, la parité a permis des progrès manifestes en ce domaine, dans les assemblées locales notamment. Depuis 2012, le Président de la République et le Gouvernement ont sans cesse réaffirmé leur attachement à ce que les femmes occupent la même place que les hommes dans les sphères politiques, économiques et sociales. Le Gouvernement est paritaire depuis mai 2012, tout comme les conseils départementaux depuis mars dernier. Les sanctions pour les partis ne respectant pas la parité lors des élections législatives ont été doublées.

Célébrer ce droit de vote n’indique pas pour autant qu’il ne reste plus rien à faire notamment en matière d’égalité Femmes-Hommes.

« Egalité et citoyenneté : la République en actes », tel était l’intitulé du comité interministériel qui s’est tenu le 6 mars dernier. A cette occasion, le Gouvernement a exprimé l’ambition d’une République qui offre à chacune et à chacun les mêmes chances, grâce à la lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes. Il s’agit d’un levier pour construire une société fondée sur la solidarité et le respect et où les femmes se sentent pleinement citoyennes. Cinq mesures du comité pour l’égalité et la citoyenneté soulignent la détermination du Gouvernement en la matière. 1/ Lutter contre les stéréotypes sexistes. La disparition des stéréotypes sexistes est la condition de l’émancipation individuelle. La lutte contre ces représentations caricaturales est menée sur plusieurs fronts notamment dans les domaines scolaires et audiovisuels. 2/ Rendre réelle la parité dans les instances décisionnaires. La reconnaissance pleine et entière de la citoyenneté des femmes implique l’égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités politiques, économiques et sociales. 3/ Mieux partager l’espace public. La place des femmes dans l’espace public est un nouveau champ d’action politique. Dans la République, chacune et chacun doit pouvoir évoluer librement dans la rue ou les transports en commun. 4/ Lutter contre les impayés de pension alimentaire. Les familles monoparentales sont particulièrement touchées par la précarité. La loi du 4 août 2014 permet d’expérimenter une garantie des impayés de pensions alimentaires et le versement d’une pension alimentaire minimale de 100 euros. 5/ Développer les crèches à vocation d’insertion pour faciliter l’emploi des femmes dans les quartiers. L’accès à un mode d’accueil de la petite enfance est une condition du maintien ou du retour des femmes à l’emploi.

Une égalité Femmes-Hommes à multiplier également dans les quartiers et dans le sport

Dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, l’égalité entre les femmes et les hommes peine encore à devenir une réalité dans un contexte trop souvent marqué par la précarité ou l’isolement. Les femmes ont notamment encore du mal à trouver leur place dans l’espace public et à prendre part à toutes les décisions relatives aux projets de leurs territoires alors qu’elles représentent 52% de la population de ces quartiers. Les mesures décidées lors du dernier comité interministériel pour la citoyenneté et l’égalité (CIEC) contribueront à lutter contre ces inégalités, notamment pour les mères isolées dont on sait qu’elles sont plus fréquemment en situation de pauvreté. C’est le cas du soutien aux actions favorisant la maîtrise de la langue française (ateliers sociaux-linguistiques), des actions de soutien à la parentalité afin d’accompagner les mères isolées dans leur action éducative, du développement de la scolarisation des enfants de moins de trois ans dans les quartiers prioritaires, ou encore du financement, en lien avec les CAF et les collectivités territoriales, de modes de garde adaptés et innovants.

La loi du 21 février 2014 pose l’égalité entre les femmes et les hommes comme un objectif majeur de la politique de la ville, notamment des nouveaux contrats de ville. Le développement de la pratique sportive féminine et l’accès des femmes aux responsabilités de direction dans les fédérations font aussi partie des priorités du Ministère. La mise en œuvre de la loi du 4 août 2014 qui fixe des règles visant à approcher l’objectif de parité au sein des organes dirigeants des fédérations sportives ainsi que les actions menées pour développer la pratique sportive féminine , telles que l’encouragement financier à la création d’emplois d’éducateurs (avec un objectif à la fois de féminisation de l’encadrement et de soutien à la pratique féminine), l’inclusion de plans de féminisation dans les conventions d’objectifs signées entre le ministère des sports et les fédérations, le soutien à la production et à la diffusion d’images TV de sport féminin; le soutien à l’organisation par la France de grands évènements sportifs internationaux féminins, telle que la Coupe du monde féminine de football en 2019 favoriseront l’atteinte de l’objectif ministériel.