Berlin accueillait la 12ème réunion du Réseau des parlementaires de référence contre la violence sexuelle à l’égard des enfants

F. Imbert - APCE BerlinLe 14 mars dernier, Françoise Imbert s’est rendue à Berlin, plus précisément au Bundestag (le Parlement allemand) pour la 12ème réunion du réseau des parlementaires de référence contre la violence sexuelle à l’égard des enfants dans le cadre de l’Assemblée Parlementaire au Conseil Européen (APCE)*. Sous la présidence de Madame Marlene Rupprecht, députée allemande, la réunion, organisée sur deux jours, a permis à plusieurs intervenants de faire un point sur différentes actions menées sur le sujet tout comme à amener des axes d’étude visant à lutter contre la violence sexuelle que subissent, trop souvent dans le silence, de très nombreux enfants. Dans cette optique l’annonce a été faite que 25 Etats membres de l’APCE (sur 47) ont déjà ratifié la Convention de Lanzarote. Cette convention, unique au monde, est le premier instrument international complet qui incrimine tout fait de violence sexuelle à l’égard des enfants et identifie des mesures à la fois de prévention, de protection des enfants victimes et de poursuite des agresseurs.

La prévention comme outils indispensable

Si plusieurs Etats légifèrent en la matière, l’Allemagne a par exemple, approuvé un texte permettant de faciliter la poursuite des agressions et un projet de loi entre en vigueur, l’arme principale pour lutter contre cette violence sexuelle se trouve être la prévention directement axée sur les principaux concernés, les enfants, mais aussi leur famille. De ce fait il convient de multiplier les actions dans les établissements scolaires, d’accueil d’enfants,…Trop souvent envahi par un sentiment de honte ou de culpabilité, l’enfant souffre en silence sans jamais avertir de ce dont il a vécu. Une situation qui doit changer et qui sera plus utile si cela est accompagné d’une volonté de coopération entre les pays.

Matthias Katsch brise le silence

Victime de violence sexuelle en 1977 alors qu’il fréquentait un lycée jésuite, Matthias Katsch est resté dans le silence durant de très nombreuses années. ‘J’avais le sentiment d’avoir été le seul dans ce cas-là. J’avais honte, je me sentais coupable, plein d’impuissance et de colère’ témoigne celui qui sera resté dans le mutisme durant 30 longues années. En réalité, sur les 37 élèves que comprenait sa classe, plus de la moitié ont subi les mêmes sévices sexuels. Ce n’est qu’en 2010 qu’ils se sont retrouvés pour évoquer ce lourd passé commun et qu’ils ont décidé d’agir.

Les ‘Maisons des Enfants’ islandaises

Lors de cette réunion, Bragi Guöbrandsson, Directeur Général de l’agence gouvernementale pour la protection des enfants en Islande est revenu sur le concept de ‘Maison des Enfants’. Il en existe 12 en Islande, elles fêtent leurs 15 ans cette année. L’enfant est pris en charge par des professionnels qui ont pour but de le faire parler et essayer de lui redonner plus de force. En moyenne chaque enfant a besoin de deux ans pour sentir les effets bénéfiques de cet accompagnement.

‘Ce fut une réunion très riche sur un sujet très préoccupant. Cela demande une prise de conscience de la part de tous mais aussi la mise en place d’actions fortes pour lutter contre ce fléau qui peut anéantir toute une vie’ témoigne Françoise Imbert à son retour en France.

* La députée de la 5ème circonscription de la Haute-Garonne y siège en tant que représentante de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF)