Françoise Imbert en mission en Algérie avec d’autres députés

F. Imbert - mission algérie - mars 2013Du 25 au 27 mars dernier, 5 députés étaient en mission d’information parlementaire en Algérie où ils ont pu traiter de très nombreux sujets et permettre une suite dans les relations franco-algériennes, après la récente venue de François Hollande. Suivant un programme soutenu, la délégation a pu rencontrer divers hommes politiques locaux ou associations et aborder des thèmes aussi divers et variés que la politique étrangère, l’économie ou encore la condition de la Femme. Françoise Imbert, députée de la 5ème circonscription de la Haute-Garonne, faisait partie de la délégation française.

La frontière avec le Mali, zone à risque

Vaste territoire bordant à la fois la Méditerranée mais également très présent dans la zone du Sahara, l’Algérie a été au cœur de l’actualité ces dernières semaines du fait de sa frontière commune avec le Mali. 1400 kilomètres séparent les deux pays dans une zone géopolitique compliquée avec notamment la présence de nombreux terroristes. C’est d’ailleurs face à ces mêmes terroristes que la France a déclaré la guerre au Mali, une intervention soutenue par l’Algérie.

D’importants ressortissants de part et d’autres

Comme de nombreux pays d’Afrique, l’Algérie et la France ont une histoire commune. Longtemps département français, le peuple algérien a obtenu son indépendance en 1962 après un conflit meurtrier qui n’aura épargné aucun camp. De fait, de nombreux ressortissants algériens vivent et viennent en France. Les raisons sont multiples, mais celles pour causes linguistiques, familiales ou professionnelles sont les plus courantes. La France est même la 1ère destination des ressortissants algériens. Leur séjour en France est d’ailleurs régi par un accord bilatéral signé entre les deux pays. A l’inverse, même s’il est quelque peu plus compliqué pour un ressortissant français d’aller en Algérie, son séjour est régi par un texte spécifique du droit algérien. La communauté française présente sur le sol algérien est estimée à 30 000 personnes. 90% sont des binationaux, les 10% restant sont principalement des ‘détachés’, c’est-à-dire du personnel d’entreprise ou administratif. Ces chiffres ne prennent en considération que les personnes se déclarant à l’Ambassade.

Deux pays liés économiquement

Au-delà du coté ‘humain’, France et Algérie entretiennent d’importants liens économiques. Même si sa part de marché tend à diminuer face à la concurrence (Italie, Espagne, Chine, Corée,…), la France reste le 1er fournisseur économique de l’Algérie et ce, dans de nombreux domaines comme les équipements industriels, les céréales, l’automobile ou encore les produits pharmaceutiques. Par ailleurs, la France est le premier investisseur avec 450 entreprises ou entrepreneurs français implantés en Algérie. Cela représente 40 000 salariés directs et 100 000 emplois indirects. Une donne non négligeable dans un pays où le taux de chômage est élevé (20%), notamment chez les jeunes (de près de 30%). Dans le sens inverse, La France importe beaucoup venant d’Algérie, mais il s’agit, quasi exclusivement, d’hydrocarbures (gaz et pétrole).

Des associations volontaires et dynamiques

Etre une association autorisée en Algérie n’est pas chose aisée, et chaque demande se voit examinée en profondeur. Néanmoins, bon nombre existent et certaines d’entre elles, ont pu échanger avec les parlementaires français. Parmi elles, l’association NADA. Créée en 2004 et regroupant 130 associations, NADA œuvre pour la protection des droits de l’enfant en Algérie. Un sujet important pour Françoise Imbert qui a participé récemment à Berlin à une réunion du réseau parlementaire de référence contre la violence sexuelle à l’égard des enfants. Nous pouvons également citer l’association ASIM, qui regroupe des jeunes médecins et étudiants en médecine de l’Université de Tizi Ouzou qui œuvre à la sensibilisation et à l’information médicale, ou encore l’association ASSALA dont le but est de promouvoir le rôle de la femme dans les zones rurales.

Un statut de la femme qui évolue

Si l’on excepte les Touaregs présents dans le désert du Sahara, la société algérienne est une société patriarcale qui a longtemps considéré la femme comme inférieure à l’homme. La situation tend malgré tout à évoluer. Ainsi la place de la femme sur la scène politique s’est accrue, même si à l’heure actuelle, elles sont essentiellement élues dans des assemblées dépourvues de réels pouvoirs. Néanmoins, l’accès des femmes à l’éducation et à l’espace public ont modifié l’équilibre au sein de la société algérienne où subsistent de nombreux réflexes conservateurs. Quelques chiffres illustrent ces changements. 17% des femmes sont partie prenante de la population active. Si cela peut paraitre peu pour un observateur occidental, cela représente le double d’il y a 20 ans. De plus, 60% des effectifs estudiantins, sont des femmes. D’un point de vue familial, de nombreuses évolutions sont à noter. L’âge moyen du premier mariage est passé de 18 ans en 1966 à 29 ans en 2012. Un net recul que l’on observe également avec l’indice de fécondité qui était de 7.8 enfants/femme en 1970 contre 2.9 en 2010. Cependant le code familial est toujours inégalitaire, mais une ordonnance présidentielle de 2005 a tout de même permis quelques évolutions comme la disparition de la notion de ‘chef de famille’ ainsi que l’obligation d’obéissance de l’épouse à son mari ou encore en cas de divorce, la priorité est donnée à la mère en ce qui concerne la garde de l’enfant.

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