Mali – Opération Serval : une prolongation au service de la stabilité régionale et internationale

F. Imbert - opération serval maliCe lundi 22 avril 2013, au cours d’une séance de l’Assemblée Nationale a eu lieu la Déclaration du Gouvernement sur l’autorisation de la prolongation de l’intervention des forces françaises au Mali.

Un engagement salvateur couronné de succès mais qui demande encore une attention toute particulière. En effet, même si les groupes terroristes ont été repoussés dans le désert saharien, ils n’en restent pas moins encore actifs et prompts à profiter du moindre relâchement. C’est en ce sens qu’a été décidée une prolongation de l’opération Serval afin de garantir une stabilité régionale et internationale.

Appelé par le Président par intérim du Mali, Monsieur Dioncounda TRAORE, la France est donc intervenue pour stopper l’avancée des groupes terroristes vers le sud du pays. Depuis la mi-avril, un passage de relais progressif s’opère avec les forces africaines non sans la poursuite d’une sécurisation du nord du pays. Néanmoins, le désengagement des forces françaises est en cours (une centaine de soldats ont quitté le théâtre des combats et le dispositif aérien a été considérablement allégé) avec le déploiement de la mission de formation de l’Union Européenne (EUTM).

Le redéploiement des troupes françaises a donc commencé, et devrait se poursuivre progressivement jusqu’en juillet, pour atteindre 2 000 hommes, soit la moitié des forces mobilisées. Un millier d’hommes constituera ensuite une force contre-terroriste en appui des Casques bleus, une fois ceux-ci déployés. Dans cette perspective, la France a déposé à l’ONU une proposition de résolution permettant le déploiement d’environ 12 000 Casques bleus sous le mandat d’une Mission intégrée des Nations unies de stabilisation multidimensionnelle au Mali (Minusma) qui débuterait en juillet pour un premier exercice de douze mois.

Ainsi, au 18 avril 2013, le dispositif militaire français est composé :

 Au niveau aérien, trois Mirage 2000D (-3), six Rafale (-2) et trois avions ravitailleurs C135 (-2) évoluent à partir de Bamako ou de N’Djamena au Tchad (à 2 000 km de Bamako). Une quinzaine d’hélicoptères de combat de l’armée de Terre, dont des Gazelle équipés de missiles Hot et de canons de 20mm, appartiennent à un groupement aéromobile (GAM) déployé entre Gao et Tessalit. Des avions de transport tactique (C130 et C160) continuent d’assurer les liaisons entre le théâtre et les bases prépositionnées en Afrique (Sénégal, Tchad, Côte d’Ivoire et Burkina Faso).

 Au niveau terrestre : les forces conventionnelles au sol sont désormais organisées en

trois groupements tactiques interarmées (GTIA). Trois antennes chirurgicales avancées

(ACA) ont été déployées à Bamako, Tessalit et Gao pour, en cas de besoin, procéder à une dizaine d’interventions chirurgicales par jour. Sont également déployés un bataillon logistique et des unités dites « d’appui » (génie, déminage, transmissions).

Au niveau renseignement ou ISR (Intelligence, Surveillance and Reconnaissance) :

Cinq avions de patrouille Atlantique 2 et deux drones Harfang recueillent les renseignements nécessaires au ciblage des objectifs de frappe.

Quel impact budgétaire ?

En terme d’impact budgétaire, le coût de l’opération représente 200 millions d’EUR. Cela rentre dans les crédits inscrits au titre des surcoûts issus des opérations extérieures d’un montant de 630 millions d’EUR, soit le même montant qu’en 2012. Par ailleurs, les alliés occidentaux continuent, par ailleurs, à apporter leur soutien capacitaire. Le Royaume Uni, la Belgique, l’Espagne ou encore le Danemark ont mis des avions C-17 et Hercule C 130 à disposition de la France pour acheminer du matériel. L’Allemagne met à disposition deux C-160 pour le fret sanitaire et le transport de troupes de la MISMA ainsi qu’un Airbus A-310. Le Canada prête son gros porteur C17. De leurs côtés, les Etats-Unis mettent à disposition trois C17 et apportent leurs savoirs en matière de communication et de renseignement et opèrent également avec un petit nombre de drones de surveillance Predator non armés depuis le Niger.

Un débat a suivi la déclaration du gouvernement et un vote unanime a autorisé la poursuite de l’intervention militaire.

Il convient maintenant à la France d’aider le Mali à gagner la paix. Tel est l’objectif de cette prolongation.